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Éditorial Opinion

Tout le monde a peur, sauf les bandits armés et les dirigeants

Personne ne peut se vanter que son quartier est protégé. De nombreuses banlieues de l’aire métropolitaine sont déjà contrôlées par des gangs, les habitants de zones qui n’ont pas encore été sous l’emprise d’un caïd, sont très inquiets à l’idée que cela arrive. Le gouvernement de son côté, semble privilégier le laxisme du laisser nuire à la dissuasion de la rigueur.

 

 

Assassinats, trafics d’armes, viols, enlèvements contre rançon, attaques de bandes criminelles contre des quartiers, l’insécurité en Haïti est devenue de plus en plus criante. La passivité des haut responsables de l’État face à ce phénomène porte à croire que cela les arrange. Aucun quartier de la zone métropolitaine de Port-au-Prince n’est sûr.

 

Scène de tension à Port au Prince, ce week-end écoulée. crédit photo: Ted Actus.
Scène de tension à Port au Prince, ce week-end écoulée. crédit photo: Ted Actus.

Le premier quartier à être abandonné par ses riverains à cause de la violence des bandes armées a été Martissant, à l’été 2021. Moins d’un an plus tard, en avril 2022, des résidents de plusieurs localités faisant partie de la Plaine du Cul-de-Sac comme Santo, Marin, Shada, Croix-des-Mission, Butte Boyer, Bon repos ont dû quitter leurs maisons en raison d’affrontements entre gangs rivaux. Les habitants de Pernier ont dû fuir aussi la zone pour échapper aux abus des droits de l’homme commis par le gang local.

 

 

À Cité Soleil, la situation est encore pire, selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, publié en février 2023, entre le 8 juillet et le 31 décembre 2022, dans le seul quartier de Brooklyn, au moins 552 personnes ont été tuées, blessées ou ont disparu, dont 263 personnes tuées, 285 autres blessées et quatre disparues. De nombreuses familles sont contraintes de se réfugier ailleurs pour échapper à la guerre des gangs. À Canaan, les bandits font vivre un enfer à la population.

Scène de tension à Port au Prince, ce week-end écoulée. crédit photo: Ted Actus.

Laboule, Fort Jacques, Thomassin, ces quartiers qui font partie de la commune de Pétion-Ville sont également sous le contrôle de groupes armés. « Quand certains disaient qu’il n’y avait que des bandits qui vivaient à Village de Dieu, je croyais que c’était vrai. C’est maintenant que je découvre que c’était faux, puisque moi non plus, je ne peux pas quitter mon quartier pour aller dans un autre qui pourrait aussi dégénérer à tout moment », a déclaré un résident de Thomassin.

 

 

Delmas 24, Nazon, Solino, Bel Air, s’ajoutent à la liste des zones devenues inhabitables à cause de la violence des gangs. Depuis quelques jours, des rafales d’armes automatiques retentissent dans ces quartiers de la capitale.

 

 

Des citoyens paisibles qui faisaient déjà face à des problèmes de toutes sortes dans le pays (chômage, cherté de la vie, misère, etc.) vivent depuis plusieurs mois avec la peur au ventre du risque de voir leurs quartiers contrôler par des bandes armées. La Police Nationale d’Haïti (PNH), semble dépassée par les événements, l’insécurité prend de plus en plus de proportion dans le pays, mais visiblement les autorités s’en fichent bien. Ils se sont juste contentés de demander à l’ONU un déploiement de forces armées internationales dans le pays, rien d’autre.

 

Les dirigeants disposent de plusieurs policiers qui assurent leur sécurité, tandis que le peuple haïtien qui ne peut compter sur personne pour sa sécurité est plongé dans l’inquiétude. Le climat d’insécurité dans lequel se trouve actuellement le pays est effrayant, et pourtant les membres de ce gouvernement semblent très confortable dans cette situation puisqu’ils ne font rien pour la changer.

 

 

Les autorités tolèrent la violence des gangs pour des raisons qui nous sont inconnues, ce qui génère chez les criminels un sentiment de puissance et d’impunité. Donc, sauf les bandits armés et les dirigeants se sentent à l’aise dans ces conditions macabres.

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