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Quand la manucure et la pédicure se font en pleine rue à Pétion-Ville

Les activités commerciales dans les rues de Pétion-Ville sont innombrables. Mais il existe une autre activité économique à la rue Geffrard communément appelée Nan Koloni qui se démarque par son originalité. De jour en jour, de nouvelles clientes arrivent : la manucure-pédicure se fait sur les trottoirs.

 

Le soin des ongles est important pour la santé ainsi que pour des raisons esthétiques. Pour pouvoir les garder propres et jolis, une importante clientèle se tourne vers des salons de beauté. À environ 14 km de la capitale haïtienne, Port-Prince, au cœur de Pétion-Ville, les établissements de beauté ne manquent pas. Pourtant dans cette ville, se diriger vers des instituts de beauté pour s’offrir une manucure/pédicure semble ne pas très nécessaire pour de nombreuses femmes. Elles préfèrent se rendre au marché, situé à la rue Geffrard (Nan Koloni) pour assouvir leurs envies de manucure.

Image d'une trousse d'une Esthéticienne. Credit photo: James Harry Hilaire
Image d’une trousse d’une Esthéticienne. Credit photo: James Harry Hilaire

Ciseaux à ongles, lime à ongles, bâton à cuticules, bloc polissoir, vernis, bancs pour les clients, les praticiennes disposent du matériel nécessaire pour satisfaire les clients. Sous un parasol, assise sur une petite chaise, la tête penchée sur les ongles d’une cliente qui sirote une boisson, Deborah, une jeune femme diplômée d’une école de cosmétologie en 2018 au Cap-Haïtien, évoque la raison pour laquelle elle exerce son métier en pleine rue. « Je travaille ici parce que je n’ai pas de salon de beauté. Mais j’aimerais en avoir un, et je l’aurai », dit-elle avec détermination.

 

Pour une autre esthéticienne, il n’est pas facile de trouver du travail dans un salon d’esthétique. Cette difficulté à obtenir un emploi dans ses entreprises ne lui pose pas de problème puisqu’elle estime qu’elle gagne un peu plus dans la rue que si elle travaillait dans un bar à ongles. « Je ne trouve pas de travail dans les salons. Quand on travaille dans un salon, on est payé au pourcentage alors que dans cette rue, on travaille de notre propre chef », explique la praticienne soulignant que les activités sont en baisse ces dernières semaines en raison de l’insécurité qui prévaut dans le pays.

 

Des clientes qui préfèrent la rue aux salons de beauté.

 

Dans cette rue qui a une très forte affluence, malgré les petits commerçants qui étalent leurs produits sur les trottoirs, les marchands ambulants qui crient à perdre haleine pour attirer des potentiels acheteurs, les clientes semblent confortables. Certaines d’entre eux laissent entendre qu’elles trouvent une meilleure prestation auprès de ces techniciennes des ongles de rue que celles des salons de beauté. « J’avais l’habitude d’aller dans des salons mais je n’étais jamais satisfaite de leurs services. Ici les esthéticiennes travaillent vite et bien, je me sens à l’aise avec elles », confie une cliente, « je ne dis pas que tous les salons sont les mêmes », conclut-elle.

Image de la main d'une Cliente, credit photo: James Harry Hilaire
Image d’une Cliente, credit photo: James Harry Hilaire

Le budget est loin d’être un argument pour lequel pas mal de femmes préfèrent se faire faire les ongles en pleine rue plutôt que dans un salon. En effet, le coût d’une manucure sur les trottoirs de la rue Geffrard peut varier entre 200 et 1000 gdes alors que les tarifs dans les salons sont en moyenne de 250 à 1000 gdes, selon le type de service choisi (Dans la rue comme dans les salons) : manucure simple, acrylique, pose de faux ongles, etc.

 

Il faut souligner que cette activité n’est pas nouvelle et qu’elle existe dans d’autres endroits du pays. Une femme qui œuvre dans ce domaine depuis une dizaine d’années dit avoir travaillé au centre-ville de Port-au-Price, plus précisément au Marché en Fer avant de venir s’installer à Pétion-Ville.

 

Les techniciennes des ongles rencontrées affirment avoir été formées à l’exercice de la profession dans des écoles professionnelles. Une affirmation que nous ne sommes pas en mesure de vérifier. Mais un fait est certain, les clientes sont satisfaites et vantent volontiers la qualité des services obtenus.

 

Par James Harry Hilaire

Tous droits réservés OVOMAG Novembre  2021.

 

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