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kidnapping en Haïti: Une autre forme de « peyi lòk ».

Au cours de l’année 2019, le pays a connu trois (3) mois de paralysie où les principales entreprises ont été fermées, et de nombreuses personnes ont été obligées de rester chez elles en raison du mouvement peyi lòk qui visait à forcer Jovenel Moïse à démissionner. Ces dernières semaines, les activités de kidnapping ont créé une psychose de peur dans le pays au point que certaines institutions scolaires de la région métropolitaine ont observé des arrêts de travail.

Le mouvement de protestation, baptisé « peyi lòk », avait contraint les gens à rester chez eux. Des barricades ont été érigées dans différentes rues de la capitale et dans certaines villes de province. Des hommes armés montaient la garde autour de certaines barricades. Face à cette situation, les gens ont eu peur et ils sont restés chez eux. Aujourd’hui, à cause des actes de kidnapping, les gens ont encore plus peur que lors du mouvement peyi lòk puisqu’ils sont obligés de quitter leurs maisons pour aller à leurs activités respectives. Il y a des parents qui n’envoient pas leurs enfants à l’école, et quelques établissements scolaires dans la zone métropolitaine ont même fermé leurs portes en milieu de semaine parce que des écoliers ont été kidnappés.

Depuis quelques temps, le phénomène des enlèvements contre rançons est devenu en Haïti un jeu d’enfant. N’importe qui peut enlever quelqu’un dans la rue sans aucun risque de se faire arrêter par la police. Les ravisseurs sont confortables, certains d’entre eux ont même reçu l’argent des proches des victimes à travers le service de transfert et de retrait de la compagnie Digicel, MonCash. Parfois, la police sait où sont séquestrées les victimes et ne peut pas les libérer des griffes des assaillants.

De nos jours, il est difficile de se connecter à son compte facebook pour ne pas tomber sur une photo d’une personne kidnappée et des vidéos de chefs de gangs armés. Ces images, plutôt choquantes, ont rendu perplexes certains internautes quant à l’utilisation des réseaux sociaux, notamment Facebook. Une situation stressante pour de nombreux Haïtiens, qui utilisent souvent ces plateformes pour se divertir dans un pays où se rendre à un lieu de divertissement est quelque peu risqué.

Ne pas sortir de chez soi si ce n’est pas nécessaire, c’est probablement la meilleure chose à faire pour éviter de se faire kidnapper en pleine rue. « J’ai une voiture, j’aimerais aller au bal pour m’amuser un peu, mais je ne peux pas », s’est plaint un entrepreneur. Beaubrun, qui est ingénieur civil, raconte qu’il ne se rappelle même pas depuis quand il était allé à la plage. Cette situation est préoccupante et elle terrifie la population. C’est une autre forme de peyi lòk car elle empêche des citoyens.nes paisibles de se déplacer librement à travers les rues  sans craindre d’être enlevés.

Selon plus d’un, le pays n’est pas dirigé. Au vu et au su de tout le monde, des chefs des bandes armées, qui sont vraisemblablement responsables de nombreux cas d’enlèvement, ont gagné les rues le 22 janvier, accompagnés de membres de la population pour dire non au kidnapping. Les organisations de défense des droits humains ont dénoncé l’impunité dont bénéficient les chefs de gangs.Ces organisations soupçonnent que des autorités du pouvoir en place ainsi que des personnalités se réclamant de l’opposition seraient de mèche avec ces criminels.

Des spécialistes qui réfléchissent à la question de l’insécurité en Haïti estiment que, pour résoudre le problème du banditisme, y compris les actes de kidnapping, l’Etat doit apporter des réponses indirectes, c’est-à-dire élaborer un programme de réinsertion sociale, un cadre économique visant à réhabiliter les individus qui vivent du banditisme, et favoriser la création d’emplois pour qu’ils aient de meilleur moyen de gagner de l’argent.

La misère et le chômage qui font rage, ajoutés au phénomène de kidnapping qui bat son plein dans le pays sont autant de difficultés auxquelles la population est actuellement confrontée. Le président Jovenel Moïse, incapable d’assurer la sécurité de ses concitoyens.nes, continue de promettre l’électricité 24/24 et s’engage à organiser des élections dans 8 mois. Et pourtant, l’opposition n’y va pas par quatre chemins, selon elle, le mandat du chef de l’Etat prendra fin le 7 février 2021.

Par James Harry Hilaire

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