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Il abandonne son rêve de comptable pour devenir ouvrier de la sous-traitance

 

Depuis plusieurs années, la sous-traitance est devenue, un élément clé dans le système économique du pays, la demande d’emploi dans ce secteur se multiplie chaque année en raison du chômage et le taux d’inflation que connaît le pays.

 

En effet depuis certains temps, on constate une affluence de jeunes de 19 à 30 ans vers la sous-traitance. Ces jeunes qui, devraient être à l’université pour étudier et réfléchir sur les problématiques du pays, mais faute de la misère féroce que traverse notre société, ils sont obligés de laisser l’université pour se rendre à la sous-traitance afin de subvenir aux besoins quotidiens.

Des ouvriers de la sous traitance, source photo:google
Des ouvriers de la sous traitance, source photo:google

11h30 du matin, nous sommes au Parc Industriel SONAPI sur la route de l’aéroport boulevard Toussaint Louverture. C’est l’heure de la pause, nous avons rencontré Pierre Réginald Dauphin, âgé de 22 ans, il étudiait la comptabilité dans une université de la zone métropolitaine. Au cours de la deuxième année d’études, le jeune homme a dû renoncer à son rêve de devenir comptable pour un emploi de 500 Gdes par jour dans l’une des usines de sous-traitance du parc industriel SONAPI, questionné sur ce choix, il a répondu ainsi:

 

« Après ma réussite aux examens NS 4, j’ai obtenu une bourse de la Fondation Muraille Jean Mirtho où je n’aurais à payer que les frais d’entrée qui estimaient à 20 000 gourdes, je n’ai même pas pu payer la moitié de cette somme, je n’ai versé que 7 500 gourdes. Pendant les périodes d’examens, seuls les étudiants qui ont leur fiche dépôt ont accès aux salles. C’est pourquoi je me cachais tout le temps afin de passer les tests d’évaluation. Et j’avais toujours eu ma moyenne », raconte t-il.

 

Les larmes aux yeux et le visage ému, le jeune Dauphin évoque les difficultés auxquelles il est confronté : « Mon père est incarcéré depuis sept ans au pénitencier, ma mère est aveugle depuis sa naissance et je suis l’aîné d’une famille de quatre enfants, je dois prendre ma responsabilité en tant que tel pour aider ma pauvre mère à subvenir aux besoins quotidiens de mes petits frères et sœurs ».

Le jeune ouvrier dénonce les autorités haïtiennes qu’il juge responsables de la situation alarmante que le pays est confronté, qui a un impact important sur tous les Haïtiens, les jeunes en particulier. « Je n’avais donc pas le choix puisque les dirigeants de mon pays proposent quatre alternatives aux jeunes d’aujourd’hui : 1) Quitter le pays, 2) Intégrer la PNH, 3) Travailler en sous-traitance pour 500 gourdes par jour, 4) Rejoindre un groupe armé. La seule fierté que j’ai, c’est qu’avec ce Job, j’aide ma mère à subvenir dignement à certains besoins de la famille et j’espère un jour continuer mes études », conclut-il.

Des ouvriers source photo:google
Des ouvriers source photo:google

Le chômage ronge le pays, beaucoup de jeunes ont raté leur vacation à cause de la misère et la pauvreté installées par nos dirigeants incompétents, qui luttent pour sauvegarder le pouvoir et ils s’en foutent du reste. Ces jeunes dévouées sont devenus esclaves de la sous-traitance puisqu’ils n’ont pas d’autres choix, un seul mal que ces derniers ont commis, c’est le fait de naître sur la terre d’Haïti.

 

Par Anderson CHARLES

Tous droits réservés OVOMAG octobre 2021.

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